Auteurs présents à l’édition 2016

 

Valentine Goby
Laura El Makki
Olivier Bourdeaut
Mael Renouard
Arthur Dreyfus
Philippe Vilain
Roger Pol-Droit
Henri Duboc
Claire Bauchart
David Foenkinos
Karim Amellal
Bertrand Badie
Frédéric Gros
Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Caryl Férey
Ariane Dolfus
Juliette Glikman
Romain Slocombe
Bruno Fuligni
Nicolas Grenier

 
 

Valentine Goby, Un paquebot dans les arbres

“Ecrire pour répéter le temps aimé, pour le recommencer, le prolonger, le dilater dans le futur et ce faisant hâter le cours du temps subi, pesant comme un battant d’horloge (..)”. (p. 122). Après avoir ému la critique et les lecteurs avec Kinderzimmer, entre autres prix des libraires 2014, Valentine Goby revient en cette rentrée littéraire avec un roman remarquable, Un paquebot dans les arbres : des personnages en proie à la tuberculose au milieu des années 50, un sanatorium isolé, une famille heureuse, un couple amoureux, et surtout une petite fille, Mathilde, qui croit fermement que “l’éternité commence avec les arbres”.

Laura El Makki, Un été avec Victor Hugo

Écrit en tandem avec Guillaume Gallienne, Un été avec Victor Hugo est né à la radio, sur France Inter, un été 2015 ; un été prolongé sur papier avec cet ouvrage qui sonne comme une déclaration d’amour à l’homme Victor Hugo, le géant littéraire aux multiples visages. Et qui mieux que Laura El Makki, qui anime tous les samedis l’émission “1001 mondes” sur France inter, pouvait nous proposer un portrait aussi renseigné et sensible de Victor Hugo? Nous aurons la chance de la recevoir en cette Journée des Auteurs où nous pourrons discuter des Victor Hugo pluriels que présente l’ouvrage : les aspects bien connus de sa vie mais aussi les perspectives plus intimes, familiales, amicales ou amoureuses d’une vie marquée comme toute autre par les joies et les peines.

Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles

Premier roman d’un écrivain-né que rien, si ce n’est un incontestable talent pour la fantaisie et la poésie, ne destinait à l’écriture, En attendant Bojangles a marqué la rentrée littéraire 2015 par sa beauté loufoque à la Boris Vian et sa trinité de personnages, caressés par la plume de l’auteur avec un amour infini. Un classique instantané ! Olivier Bourdeaut sera présent le 3 décembre pour partager avec nous sur cette oeuvre qui nous parle de liberté, d’humour, de Nina Simone et de châteaux en Espagne, d’envie frénétique de vivre et de maladie, mais surtout d’Amour avec un grand “A”, celui sur lequel le personnage s’interroge : “ Mais Que vais-je faire de cet amour fou? Que vais-je faire de cet amour fou ?”.

Mael Renouard, Fragments d’une mémoire infinie

Philosophe et traducteur, Mael Renouard publie cette année les Fragments d’une mémoire infinie, trois ans après la publication de La Réforme de l’Opéra de Pékin qui lui a valu le prix Décembre en 2013. Son nouvel ouvrage présente une vision toute personnelle de notre rapport avec internet, au travers d’un voyage philosophique et littéraire constitué de fragments et de pensées. Entre un aspect novateur de la forme et un certain classicisme dans cette introspection, empruntant par exemple à Roland Barthes, Fragments d’une mémoire infinie résonne comme une quête de sens sur les nouveaux fondements de la vie intérieure et de la recherche esthétique dans notre monde de plus en plus connecté. Ni pessimiste ni particulièrement enthousiaste, Mael Renouard traduit notre adaptation et nos nouveaux automatismes dans cet ouvrage singulier s’attaquant avec pertinence et sensibilité au bouleversement induit par internet : celui d’un monde devenu infini auquel nous nous offrons complètement.

Arthur Dreyfus, Correspondance indiscrète

Écrivain, scénariste, dramaturge, essayiste, mais également réalisateur, Arthur Dreyfus disqualifie toute tentative d’étiquetage, et surprend décidément à chaque nouvelle oeuvre. Arthur Dreyfus sera des nôtres pour cette Journée des Auteurs, avec Correspondance indiscrète, écrit avec Dominique Fernandez, membre de l’Académie Française, pour nous présenter cette oeuvre singulière qui s’articule comme un échange d’abord timide puis décomplexé entre deux auteurs de générations opposées, à propos de la vie sexuelle. Sensualité dans la vie mais surtout sensualité dans l’art et dans la narration provoquent de multiples questions et les plumes se délient, de plus en plus séduites par cet échange d’”indiscrétions” qui nous interroge sur la place de l’érotisme dans nos sociétés qui paraissent de plus en plus délaisser l’émotion.

Philippe Vilain

Romancier et essayiste, Philippe Vilain questionne la littérature contemporaine. Son dernier essai, La littérature sans idéal, s’inscrit dans une série d’ouvrages critiques qui proclament l’appauvrissement continu de la littérature française et le caractère mercantile de sa production actuelle. Tout en dénonçant cette littérature désenchantée, peu exigeante avec elle-même et soumise aux fluctuations des modes, Philippe Vilain cherche à réhabiliter un autre idéal d’écriture où le style de l’écrivain est la véritable alliance entre « l’être de l’écrivain et la maîtrise technique de son art ». À lire de toute urgence par ceux qui voudraient redonner du sens à leurs lectures !

Roger Pol-Droit

« Montre-moi comment tu marches, je te dirai comment tu penses ! » Dans son nouveau récit, Comment marchent les philosophes, Rogel-Pol Droit, philosophe, journaliste et chercheur au CNRS, esquisse une petite histoire de la philosophie autour de la marche. Originalité qui prend tout son sens puisque la marche, la parole et la pensée semblent ne former qu’un seul et même mouvement : une chute évitée de justesse mais sans cesse répétée. Roger-Pol Droit nous propose une agréable promenade autour des grandes figures de la philosophie qui ont élaboré leur pensée en marchant.

Henri Duboc

Henri Duboc est une figure singulière du paysage littéraire : médecin, chercheur à l’Inserm, maître de conférence en Médecine à Paris Diderot et élève en gestion et politique de santé à Sciences Po Paris, il publie Dieu 2.0, premier roman d’une trilogie à venir. Le tome 1 se situe à la croisée des genres littéraires, entre roman policier, roman d’anticipation et roman de science-fiction. L’histoire s’inscrit dans un futur proche (Paris, 2053) soumis à la dictature du numérique et en proie aux obscurantismes religieux. Henri Duboc, en mêlant univers scientifique à imaginaire, réussit à offrir un roman atypique qui interpellera nécessairement le lecteur.

Claire Bauchart

Après y avoir fait ses études, c’est en tant qu’écrivaine que Claire Bauchart reviendra à Sciences Po lors de la Journée des Auteurs. Ayant longtemps travaillé en tant que documentariste et journaliste, elle se livre en 2014 à l’écriture de son premier roman Moi, Lilou, hors-la-loi par amour et publie en 2016 Valsent les jours. Claire Bauchart nous offre ici une histoire touchante de trois femmes, trois générations, que tout oppose et pourtant mystérieusement reliées les unes aux autres. L’auteure manie remarquablement les effets de suspens et rythme formidablement son récit pour permettre aux lecteurs de voyager à travers les époques.

David Foenkinos

David Foenkinos est devenu en l’espace de quelques années une figure incontournable du paysage littéraire français. Encensé par la critique lors de la publication de La Délicatesse en 2009, il obtient en 2014 le prestigieux Prix Renaudot pour son livre Charlotte. Nous avons l’honneur de le recevoir en tant que parrain de cette édition 2016 de la Journée des Auteurs. Il participera notamment à l’une des conférences de la journée du 3 décembre sur “Les fantômes de la littérature”. Une rencontre qui promet d’être riche en émotions !

Karim Amellal

Enseignant à Sciences Po, essayiste et romancier, Karim Amellal sera présent à la Journée des Auteurs pour nous présenter son troisième roman “Bleu Blanc Noir”, récit alarmant qui anticipe l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite en France. Citoyen engagé contre les discriminations et valorisant l’accès du savoir au plus grand nombre, Karim Amellal est sans aucun doute un auteur qui lie la parole à l’action. “Bleu Blanc Noir” est à lire au plus vite, avant qu’il ne soit peut-être trop tard…

Bertrand Badie

Professeur emblématique du cours “Espace Mondial” de deuxième année à Sciences Po Paris, Bertrand Badie nous fait le plaisir d’être présent le 3 décembre prochain pour nous présenter son dernier livre Nous ne sommes plus seuls au monde. Face aux discours récurrents qui simplifient et vantent l’ordre ancien des relations internationales à l’heure de la Guerre Froide, Bertrand Badie tente de déconstruire ces catégories obsolètes qui participent au leitmotiv “C’était mieux avant!” Nous ne sommes plus seuls au monde nous propose d’élargir notre vision de l’ordre international en prenant en compte la multiplicité et la diversité des acteurs qui le constitue et nous offre des pistes de réflexion pour rendre notre monde moins injuste.

Frédéric Gros

Philosophe, spécialiste de Michel Foucault et professeur à Sciences Po, Frédéric Gros signe son premier roman “Possédées” et viendra le présenter lors de l’édition 2016 de la Journée des Auteurs. Un drame intense qui s’inspire de l’affaire du 18 août 1634 où Urbain Grandier, prêtre de Loudun, fut brûlé vif sur la place publique pour avoir commercé avec le diable et avoir “possédé” plusieurs religieuses. Où se cache la vérité ? Urbain Grandier était-il réellement coupable ? Frédéric Gros retrace avec une grande précision historique les événements qui ont conduit à l’exécution du prêtre de Loudun et décrit avec justesse les jeux d’alliance politique et religieux et la psychologie des personnages. Un roman sur les fanatismes qui évoque à bien des égards notre société actuelle…

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

On les surnomme les Dupond et Dupont du journalisme d’investigation. Gérard Davet et Fabrice Lhomme présenteront le 3 décembre prochain leur livre coup-de-poing “Un président ne devrait pas dire ça…”, un florilège des confidences de François Hollande recueillies au cours de plus de soixante heures d’entretien. Mais qui sont ces deux hommes qui ont déclenché cette tempête médiatique ? Gérard Davet est diplômé de l’Institut Pratique de Journalisme, d’abord pigiste au Parisien, il finit par intégrer le service politique du journal où il est reporter de guerre. Fabrice Lhomme a un parcours plus chaotique, mais rejoint Le Parisien en 1989, c’est là où il fait la connaissance de Gérard Davet. Tous deux sont aujourd’hui chargés des enquêtes au journal Le Monde. En co-signant “Un président ne devrait pas dire ça…”, ils interrogent le fonctionnement de nos institutions, de la Vème République, du présidentialisme et plus largement de la stabilité de notre vie démocratique.

Caryl Férey

Caryl Férey est l’auteur de plusieurs romans policiers tels que Utu, paru en 2005, et Zulu, paru en 2008. Il a notamment reçu le Prix SNCF du polar français et le Grand prix de la littérature policière. Il signe en 2016 son tout dernier roman, Condor, un récit chilien qui décrit, au travers de personnages emblématiques, l’insécurité sociale, le néolibéralisme exacerbé et la violence envers les peuples autochtones, dans un pays qui porte encore les stigmates de la dictature, 30 ans après la destitution de Pinochet. À lire de toute urgence par quiconque s’intéresse de près ou de loin à l’histoire sociale du Chili, et plus largement des pays d’Amérique Latine !

Ariane Dolfus

Journaliste et critique de danse et de théâtre à France soir jusqu’en 2006, Ariane Dolfus sera présente à Sciences Po le 3 décembre pour nous présenter la biographie de l’un des plus grands danseurs de l’histoire du ballet classique et contemporain. Noureev l’insoumis est une œuvre passionnée et experte sur le parcours de l’étoile russe, éteinte en 1993 après une dernière apparition publique lors de la première de son adaptation de La Bayadère. Pendant plus de trente ans le danseur aura fait coulé beaucoup d’encre et suscité des admirations que certains pensaient démesurées. Le jeune danseur, évadé de l’Union Soviétique en 1961, fera définitivement basculer le ballet classique dans la modernité. Plus qu’une simple biographie, l’œuvre d’Ariane Dolfus est un voyage dans l’histoire du ballet et l’histoire du XXème siècle, toujours entrelacées quand il s’agit du destin de Noureev. Une oeuvre à la hauteur du roman que fut la vie d’un artiste touché par la grâce, de sa naissance à bord d’un transsibérien – lui qui fut itinérant toute sa vie – à sa mort précoce, emporté par le sida.

Juliette Glikman

Spécialiste du Second Empire et professeur d’Histoire à Sciences Po, Juliette Glikman nous présentera le 3 décembre son dernier livre, La belle histoire des Tuileries. Après avoir reçu le prix Historia pour Louis-Napoléon prisonnier (2011), Juliette Glikman nous guide cette fois-ci dans une promenade des Tuileries au travers des siècles, du brillant palais conçu par Catherine de Médicis à sa destruction définitive pendant la Commune. L’occasion de redécouvrir l’histoire de ce lieu emblématique de la ville lumière, aussi bien marqué par les nombreuses tragédies qui s’y sont déroulées que par l’image actuelle d’un jardin offrant aux promeneurs, touristes ou parisiens, une pause propice à la gaieté et à la rêverie en plein coeur de la capitale.

Romain Slocombe

Romain Slocombe est un artiste complet. Ecrivain, mais aussi illustrateur, réalisateur, traducteur et photographe, il sera présent lors de la Journée des Auteurs le 3 décembre pour nous présenter son dernier roman, L’Affaire Léon Sadorski. Slocombe met son talent d’écrivain, mais aussi d’une certaine façon ses talents d’illustrateur et de photographe, au service d’une histoire sombre et violente nous plongeant dans le Paris de l’Occupation. Le personnage principal : Léon Sadorski, un pourri, un collaborateur satisfait, un flic appliqué… Le décor : la traque aux « terroristes » qui s’opposent au régime pétainiste. Slocombe réussit à créer une tension de chaque page, nous rendant à la fois révoltés et complices de par notre proximité ambigüe avec Sadorski. Sélectionné pour le prix Goncourt et le Goncourt des lycéens, L’Affaire Léon Sadorski est une prouesse de style, un roman d’une noirceur grisante.

Bruno Fuligni

Maître de conférences à Sciences Po et responsable de la mission éditoriale de l’Assemblée nationale, Bruno Fuligni sera présent pour partager autour de son dernier ouvrage Royaumes d’aventures. Amateur d’anecdotes historiques, chasseur de bizarreries enfouies, Bruno Fuligni se penche cette fois-ci sur l’histoire des micro-nations à travers le monde. Des utopies sociales aux micro-états proclamés par de mégalomaniaques dirigeants, des états insulaires de corsaires en déroute aux théocraties proclamées, Royaumes d’aventures nous entraîne dans une passionnante et surprenante recherche sur ces états, éphémères ou persistants, riches chacun à leur manière d’histoires romanesques et parfois loufoques. Un univers parfaitement transmis par ce passionné des grandes épopées de Jules Verne et de ces anecdotes éclatantes et souvent oubliées, véritables « perles » historiques.

Nicolas Grenier

Nicolas Grenier, poète et parolier, est un habitué de Sciences Po. Ancien élève de l’école, mais surtout observateur attentif du quartier, son recueil Quant à Saint-Germain-des-Près, trente et un tanka sur la main d’après lui vaut le prix Paul Eluard en 2011, décerné par la Société des poètes français. Sous la forme du tanka ou du haiku, formes poétiques qu’il privilégie, Nicolas Grenier parvient à capter sur le vif les beautés discrètes du monde contemporain. Écrivant aussi bien en français qu’en anglais, ses poèmes sont adaptés par des artistes du monde entier en musique électronique, chorégraphies ou photographie. Libre dans ses sujets et dans sa sensibilité, Nicolas Grenier ne garde de contrainte que la forme classique de ses poèmes, dont la brièveté permet de saisir la beauté intemporelle des sentiments, des lieux, des gens, mais aussi le réalisme sans concession de la vie moderne.